Monday, December 11, 2006

«En Pologne, les synagogues sont restaurées; en France, elles sont incendiées»


«En Pologne, les synagogues sont restaurées; en France, elles sont incendiées»

Citation de Szewach Weiss, ex-ambassadeur d’Israël en Pologne, servant de titre à l’article suivant, paru dans RZECZPOSPOLITA le mois passé et traduit ici par Irena Elster.
* * *
Les extrémistes musulmans considèrent la tradition judéo-chrétienne et la civilisation occidentale comme leurs ennemis.

La Pologne comprend cela, la gauche d’Europe occidentale ne le comprend pas.
Un récent rapport du Congrès Juif Européen conclut que l’antisémitisme fait rage en Europe occidentale, alors qu’il est en voie d’extinction en Pologne – cela n’a rien de surprenant pour qui suit le déroulement des échanges polono-juifs ou la relation avec Israël des habitants du Vieux Continent.
Il y a longtemps que je discerne quelque chose d’exceptionnel dans les relations entre les Juifs et les Polonais.

Je l’ai dit et écrit maintes fois, entre autres dans les pages de Rzeczpospolita.

L’effort consacré par les deux parties à la réconciliation n’a pas manqué de porter ses fruits: le dialogue entre le judaïsme et le catholicisme, les rencontres des jeunes Juifs avec des jeunes Polonais, la Marche des Vivants la restauration des synagogues, des cimetières et bien d’autres initiatives appréciables en témoignent.
Il est indéniable que les relations s’améliorent entre les Polonais et les Juifs.
Aux États-Unis, la situation est encore délicate, bien sûr. Il est difficile de nier l’apparition, parmi les Juifs américains après la Deuxième Guerre mondiale, d’un profond antipolonisme. Mais, lentement, cette attitude aussi se modifie.
Nombreux sont ceux qui, aujourd’hui, observent la Pologne d’un œil nouveau. Ils commencent à ressentir la nostalgie d’un monde perdu, d’une entente entre les deux peuples. Dans cet esprit, il faut rappeler ne serait-ce que les derniers résultats positifs des rencontres des Juifs américains avec le président Lech Kaczynski.
Le rapport du Congrès Juif Européen est le meilleur exemple de la transformation des relations des Juifs de la diaspora avec la Pologne. Le fait que ce Congrès ait produit un document présentant la Pologne sous un nouveau jour est un signe important, à ne pas négliger.
Bien sûr, il serait faux de se leurrer et de prétendre qu’il n’y a pas d’antisémites en Pologne. Des voix peu avenantes s’y font bel et bien entendre. Elles gênent le dialogue et nuisent à la Pologne, mais il faut souligner qu’il s’agit de voix marginales et que leur nombre diminue.
Radio Maryja [NdT: Radio catholique intégriste] s’est un peu calmée ces derniers temps, et Roman Giertych [NdT: très jeune ministre de l’Éducation (35 ans) et vice-premier ministre depuis mai 2006; député de la Ligue des Familles Polonaises qui, lors de sa création, en 2001, était soutenue par Radio Maryja.] s’efforce de modifier l’image négative liée à sa famille et à sa formation politique. On voit que cela compte pour lui. Tout le monde a compris, en Pologne, qu’être antisémite dans l’Europe d’aujourd’hui – après la Shoah – est tout simplement déshonorant.
Les relations polono-juives ne peuvent pas être examinées hors du contexte international et mondial. Israël est l’allié le plus précieux des États-Unis au Proche-Orient. La Pologne est l’allié le plus proche des États-Unis en Europe. Cela rapproche. Les Juifs ont observé aussi la participation active de la Pologne dans la guerre contre le terrorisme – la présence de l’armée polonaise en Irak a été appréciée.
Les extrémistes musulmans considèrent l’ensemble de la tradition judéo-chrétienne, toute la civilisation occidentale, comme leur ennemi. Ils visent non pas seulement Israël mais aussi l’Europe. La Pologne le comprend bien, et seule une gauche radicale d’Europe occidentale n’arrive toujours pas à le saisir. Le politiquement correct a peur de critiquer les immigrés de couleur agressifs. De plus, en exprimant haut et fort son animosité envers Israël et les États-Unis, il ne fait qu’attiser la haine des fanatiques.
La gauche occidentale a si peur de l’accusation de racisme ou d’une animosité envers les Arabes qu’elle en est incapable de constater que les plus grands racistes et antisémites de notre temps sont justement de jeunes Arabes. Et ils sont dangereux de surcroît.
Alors que l’on restaure les synagogues en Pologne, des criminels les incendient en France. En Pologne, on rénove les cimetières juifs; en France, ils sont profanés. Cela va jusqu’au crime. Je rappelle le cas du jeune Juif français, enlevé et assassiné par des musulmans [NdT: lire Bitter France].
Si elle ne veut pas se retrouver complètement hors de la réalité, la gauche européenne doit procéder à de sérieuses réévaluations. Elle contribue actuellement à l’aggravation d’un antisémitisme d’un nouveau type. Ce qui ne veut pas dire que le vieil antisémitisme, «classique» ait disparu. Il subsiste en Europe de l’Ouest depuis longtemps, hélas, sans que l’on parvienne à l’y éteindre.
C’est ce qui nous ramène vers les stéréotypes obligatoires de l’Ouest, selon lesquels la Pologne est un pays antisémite. Durant la Deuxième Guerre mondiale, pratiquement toute l’Europe, la France en tête, coopérait dans une certaine mesure avec l’Allemagne nazie et l’aidait dans son entreprise d’extermination.

Seule la Pologne n’a pas collaboré avec l’ennemi.


Via AJM

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