Thursday, July 28, 2011

L’immigrationnisme, ou la dernière utopie des bien-pensants

Par Pierre-André Taguieff, philosophe, politiste et historien des idées, directeur de recherche au CNRS (CEVIPOF, Paris)



Partons de la thèse bien-pensante sur l’immigration, la thèse centrale de l’immigrationnisme, telle qu’elle est formulée dans le langage politique ordinaire : l’immigration serait un phénomène à la fois inéluctable et positif. C’est là une thèse étrange, qui a pour conséquence de fermer la discussion qu’elle semble ouvrir. Elle indique en effet une voie politique unique : celle de l’acceptation sans discussion de ce qu’on appelle « l’immigration ». Il n’est nul besoin d’être un spécialiste du droit de la nationalité pour relever l’incompatibilité entre l’existence d’États-nations indépendants et souverains et le principe de l’entrée libre dans les États-nations de tous les migrants qui se présentent. Dans les débats politiques contemporains, en France tout particulièrement depuis les années 1980, on entend couramment par « immigration », d’une façon restrictive mais sans le savoir, un flux de personnes à destination de la France (1). C’est ainsi qu’on peut expliciter le contenu de la notion d’immigration telle qu’elle fonctionne dans la connaissance ordinaire. La réalité sociale, culturelle (aussi bien religieuse qu’ethnique), démographique et économique du phénomène est certes moins simple, mais il est possible d’aborder les interactions polémiques sur la question en partant de la notion de sens commun. La vision immigrationniste de l’immigration n’est bien entendu pas la seule possible. La thèse politiquement incorrecte serait que l’immigration est un phénomène inéluctable et négatif, comparable à un raz-de-marée ou à une invasion, à la conquête lente d’un territoire. Face à la force qui s’impose, la seule politique possible est alors celle d’une autodéfense désespérée, qui peut prendre la forme d’une réaction xénophobe. Une troisième thèse, politiquement incorrecte encore, consiste à juger l’immigration comme un phénomène non inéluctable et négatif. Il suffit alors, pour les autorités politiques, de fermer rigoureusement les frontières, ce qui est plus facile à concevoir qu’à réaliser dans un contexte d’échanges globalisés. Si l’on perçoit l’immigration, quatrième thèse, comme un phénomène non inéluctable, sans qu’on préjuge de sa positivité ou de sa négativité, alors une réflexion sérieuse sur la politique de l’immigration la plus souhaitable peut commencer. Cette politique relevant, jusqu’à nouvel ordre, de la souveraineté des États-nations, les dirigeants politiques ont pour tâche de délibérer et de prendre des décisions, au regard des intérêts de leurs communautés politiques respectives. La liberté de choix peut s’exercer pleinement sur la question, à la condition de déconstruire l’entité floue nommée « immigration » et d’identifier distinctivement les diverses réalités ayant un lien avec ce phénomène mal défini, pour distinguer les multiples problèmes amalgamés autour du terme « immigration » et les traiter d’une façon différenciée. Il va de soi, par exemple, que la question du droit d’asile doit être abordée indépendamment de celle d’une immigration de travail, que les problèmes posés par les travailleurs saisonniers sont distincts de ceux que soulèvent une immigration d’installation, que la question du regroupement familial n’est pas du même ordre que celle des mariages entre étrangers et nationaux, enfin que les problèmes des immigrés de première génération diffèrent de ceux des jeunes Français issus de telle ou telle vague migratoire. Dans tous les cas, concernant les politiques de l’immigration, le réalisme implique que des règles soient formulées clairement, diffusées largement dans l’espace public et respectées par tous.

Considérons de plus près la vulgate pro-immigrationniste qui tient lieu de pensée sur la question. Si l’immigration est inéluctable, au point d’incarner une fatalité, il n’y a qu’une politique possible : celle de l’adaptation au processus fatal. C’est là reconnaître en la matière l’impuissance radicale du pouvoir politique, dont l’exercice se réduit nécessairement à reconnaître et accepter cette figure du destin. Il n’y a pas d’alternative. Les dirigeants politiques n’ont plus rien d’autre à faire que contempler et commenter l’irrésistible processus. Disparition de l’action politique, effacement de la volonté politique, annulation de la liberté de faire des choix : avènement de l’impolitique. Si, en outre, l’immigration est un phénomène intrinsèquement positif, alors il faut se réjouir devant l’inéluctable, et tout faire pour éliminer les obstacles, limites et autres restrictions susceptibles d’empêcher la totale liberté des candidats à l’immigration de venir s’installer dans le pays de leur choix. Le destin prenant le visage bienveillant de la Providence, la politique de l’immigration ne peut qu’être de style abstentionniste. Il faut commencer par exclure tout projet de réglementation de l’immigration incluant une sélection des immigrés. Les dirigeants politiques n’ont pas à vouloir, à prendre des décisions et à réglementer, ils n’ont qu’à recevoir et à régulariser avec enthousiasme. Comment peut-on vouloir stopper l’irrésistible ? ou simplement trier dans ce qu’impose le destin à visage humain ? Si l’immigration est un bien commun de l’humanité, il faut la favoriser par tous les moyens. Vouloir par exemple la connaître selon des méthodes scientifiques, en formulant des distinctions conceptuelles consistantes et en établissant des statistiques fiables (2), c’est déjà manifester une défiance coupable à l’égard de ce qui doit être globalement accepté, les yeux fermés. Pour la belle âme immigrationniste, le devoir d’accueil sans réserve implique une obligation de méconnaissance. L’ignorance ou la connaissance vague devient une preuve de bonne disposition vis-à-vis des flux migratoires. L’acteur politique ne peut plus être qu’un spectateur qui applaudit au réjouissant spectacle, quitte à en faciliter le déroulement. L’ouverture des frontières prend dès lors le statut d’une norme universelle, impliquant l’abolition de la notion même de territoire lié à un peuple et à un État. L’immigration, objet d’un « droit de » (droit-liberté), devient l’objet d’un « droit à » (droit-créance) qui ne saurait être limité. Le droit d’immigrer dans un pays de son choix, sans restriction, s’inscrit sur la liste des droits de l’homme élargie. Ceux qui prononcent une telle série de jugements en arrivent logiquement à en déduire que les États-nations supposés résiduels doivent faire appel à l’immigration, en attendant leur disparition dans la post-histoire ouvrant l’âge du post-national, celui de la paix universelle. Dans la démocratie cosmopolite de l’avenir, il n’y aura plus ni nationaux ni étrangers, ni citoyens ni immigrés. Tous les humains seront intrinsèquement mobiles. C’est la rengaine des chantres postmodernes du « nomadisme ». L’indifférenciation sera la règle. L’humanité enfin unifiée vivra dans un état de bienheureuse indistinction et de mobilité permanente. Le refrain chanté par Homo mobilis sera : « Nous sommes tous des immigrés ». Mais ce refrain ne sera plus compris que par les plus anciens. Telle est l’utopie futuriste qui fait rêver nombre de nos contemporains. Elle implique une auto-destruction de toute politique de l’immigration. Cette vague utopiste est récente. C’est vers la fin du XXe siècle qu’est née l’utopie messianique du salut par l’immigration.

Revenons dans le monde social réel, régi par les calculs d’intérêts. Des arguments d’appoint, d’ordre économique et démographique, viennent vite renforcer la conjonction de l’inéluctable et du positif dans la figure rêvée de l’immigration. En premier lieu, on lance comme un fait scientifiquement établi qu’il y a une corrélation positive, un « cercle vertueux », entre l’immigration et la croissance. On donne en général l’exemple des États-Unis, exceptionnellement érigés en modèle, en oubliant les nombreux contre-exemples de divers types, à commencer par celui du Japon, dont la croissance ne doit rien à une main d’œuvre d’origine étrangère. En second lieu, on avance que le vieillissement et la stagnation de la population des pays de la « vieille Europe » sont tels qu’il faut impérativement faire appel à des immigrés dont le taux de natalité pourrait seul compenser le déficit démographique. L’argument n’est guère convaincant concernant un pays comme la France, dont le taux de fécondité est de 1,9 enfant par femme en 2003, contre 1,5 en moyenne dans les pays de l’Union Européenne. L’immigration est ainsi justifiée au nom des intérêts bien compris des peuples d’accueil, dont le premier est lié à l’impératif de survie. Mais l’argument démographique est interprété de façon biaisée, tant il est vrai qu’on peut lutter contre le déficit démographique soit par le relèvement du taux de natalité de la population nationale au moyen de diverses mesures (natalisme), soit par l’appel à du « sang neuf » impliquant une politique d’ouverture aux candidats à l’installation sur le sol national (populationnisme), en principe selon des règles bien définies, impliquant des critères de sélection. La vulgate angélique qu’est l’immigrationnisme ne retient que la voie du populationnisme, mais, en raison de son préjugé favorable sur l’immigration (globalement ou intrinsèquement positive), exclut toute réglementation sélective des flux migratoires. Or, en France notamment, ce sont surtout des travailleurs qualifiés qui peuvent répondre aux besoins d’un certain nombre de secteurs. Et, avant de faire appel à la main d’œuvre étrangère, il serait de bonne méthode de mobiliser les ressources internes, puisque le taux d’emploi des 15-64 ans est actuellement de 63% pour les personnes nées en France et de 57% pour celles nées à l’étranger, alors que l’un des objectifs définis par ce qu’il est convenu d’appeler le « processus » ou la « stratégie de Lisbonne » est de 70% de taux d’emploi pour 2010 (3). La politique migratoire doit donc être sélective. Mais l’on se heurte ici aux effets d’une sémantique mythologisée : le mot « sélection » est dénoncé et rejeté par les bigots de l’immigrationnisme comme un mot imprononçable, à l’instar du mot « race » pour ceux de l’antiracisme politiquement correct (4).

Dans le langage militant du nouveau gauchisme, le « tri sélectif » est diabolisé par amalgame polémique avec les « sélections » à l’entrée des camps d’extermination nazis, sur fond d’une indignation rituelle contre un « darwinisme social » censé légitimer la concurrence généralisée et la « sélection des meilleurs ». La « sélection » est ainsi condamnée comme intrinsèquement mauvaise, censée mener au pire, selon le sophisme bien connu de la « pente glissante ». Tout étranger qui se propose ou s’impose - tels les « sans-papiers », dits sans fard « clandestins » ou, d’une façon euphémisée, « irréguliers », donc à « régulariser » - doit être jugé digne d’être accueilli et « intégré » (le terme reste à définir, si la chose est possible). C’est la voie utopique et dangereuse du repeuplement à tout prix. Les dirigeants politiques, voués à ouvrir les bras au monde, n’ont plus rien à faire que dire et redire avec l’émerveillement requis : « L’immigration est une chance pour la France ». Certains croient y voir la main de la Providence. L’immigration, ajoute-t-on pour convaincre les adeptes de la néo-religion de la Diversité, est une « richesse ». Que cet enrichissement soit pensé comme mélange ou comme coexistence des différences (ethno-raciales et culturelles, de la cuisine à la religion, en passant par la couleur de la peau), ou encore, dans la plus grande confusion, comme les deux à la fois, il serait en lui-même une bonne chose. Étape de la marche triomphale vers la « société métissée », à travers le « nomadisme » planétaire - ce qui n’empêche pas les partisans dudit « nomadisme », peu regardants sur leurs propres contradictions, d’exiger des « papiers pour tous les sans-papiers qui en font la demande ». Pour les adeptes du culte immigrationniste, il serait donc vain de distinguer entre une immigration « subie » et une immigration « choisie ». Il n’y a rien à jeter ni à rejeter dans l’immigration : elle doit se recevoir « en bloc ». C’est ainsi que de l’utilitarisme naît un supplément d’utopisme.

Mais il s’agit encore de faire taire définitivement les objecteurs et les récalcitrants, d’empêcher jusqu’aux murmures discordants, comme s’il fallait instituer un véritable culte de l’immigration et interdire les interrogations blasphématoires. C’est à ce point que le moralisme est sollicité de diverses manières. D’abord sur la base d’une instrumentalisation de la compassion pour les pauvres et de l’indignation face à la misère humaine : « Il y a tant de pauvres dans le monde que nous devons les accueillir ». Les militants des causes identitaires ajoutent que ces pauvres ont des droits particuliers en tant que descendants d’esclaves ou de colonisés. Il s’ensuit que les Occidentaux, qu’on les disent « Blancs » ou « judéochrétiens », ont des devoirs particuliers vis-à-vis des peuples qui ont souffert par leur faute dans le passé. À commencer par un devoir collectif d’expiation ou de repentance. Il va de soi que de tels coupables ne peuvent se permettre de nier le droit de tout pauvre venant du Maghreb ou de l’Afrique sub-saharienne à venir s’installer dans le pays ex-colonial de son choix. À gauche et à l’extrême gauche, les nouveaux tiers-mondistes décodent le message sur la base du postulat que « l’islam est la religion des pauvres », et en tirent une conclusion pratique : les immigrés de culture musulmane, transfigurés par leur pauvreté supposée et l’exclusion qu’ils sont censés subir, doivent être traités en hôtes privilégiés. Les stratèges islamistes savent jouer sur ces idées reçues et la culpabilité qu’elles entretiennent dans les esprits modelés par une culture chrétienne diffuse. Fermer les yeux sur la guerre culturelle non déclarée qui a lieu en Europe de l’Ouest tout particulièrement, c’est faire preuve d’angélisme (5). Pour fonctionner avec le maximum d’efficacité symbolique, l’argument standard doit s’accompagner d’un rappel culpabilisant de la « richesse scandaleuse » des pays riches. La stigmatisation de la richesse possède une force persuasive dont l’intensité n’est comparable qu’à celle de la dénonciation des puissants ou des dominants. La vertu chrétienne de charité, « nationalisée » au passage pour avoir force d’obligation, se conjugue avec le devoir d’hospitalité sans limites pour donner un fondement d’allure morale à l’ouverture indistincte aux flux migratoires. Et les élus politiques, aveuglés sous la pression vertuiste, vont se mettre une fois de plus à jouer de la lyre tandis que Rome brûle. La rhétorique sentimentale remplace le courage politique. La générosité abstraite, au nom des grands principes et des bonnes intentions, chasse tout souci de responsabilité. Car après l’ouverture, comment faire pour intégrer les nouveaux arrivants, alors que la « société plurielle » qui s’annonce offre le spectacle d’une fragmentation conflictuelle sur fond d’anomie, d’affaiblissement des normes ? Que peut bien signifier « l’intégration » si la nation civique se disloque en lobbies identitaires rivaux et hostiles les uns aux autres ? La multicommunautarisation convulsive de la France est l’un des indices de l’affaiblissement de sa capacité d’intégration d’une immigration non choisie. Le moralisme de la belle âme ne saurait remplacer une analyse sociologique et démographique sérieuse (qui n’a rien à voir avec le sociologisme néo-marxiste des militants immigrationnistes travestis en universitaires), ni une réflexion politique sur le possible et le souhaitable. L’éthique de la conviction, surtout si elle est forcée, n’est pas une politique.

Si la mauvaise conscience de l’Occidental supposé nanti n’est pas suffisamment réveillée, une deuxième salve de moralisme peut être tirée sous la forme d’un chantage du type : « Si vous refusez l’ouverture totale des frontières et la régularisation de tous les sans-papiers qui en font la demande, alors vous êtes mû par la peur de l’autre, vous êtes atteint par le virus de la xénophobie ou du racisme. » L’effet d’intimidation est ici maximal. L’impératif place le coupable potentiel devant un dilemme : « L’immigration, tu l’aimes et tu l’acceptes, ou bien tu es raciste et traité comme tel. » Et cet élan vers « l’autre » ne doit inclure nulle préférence marquée, comme si choisir revenait à exclure et à stigmatiser. La seule politique possible, une pseudo-politique dangereuse pour la paix sociale et l’économie, consiste à pratiquer des régularisations massives et successives, à l’infini, des « clandestins » ou « sans-papiers ». L’Occidental soupçonné de « racisme », terrifié à la seule perception vague de la mort sociale qui le menace, va donner des gages à ses accusateurs en se présentant comme un chaud partisan de l’immigration providentielle. Une variante de ce sophisme, fondé sur l’amalgame polémique de toute politique restrictive ou sélective de l’immigration avec le racisme, est souvent utilisée en France où la menace lepéniste sert de repoussoir et de base de réduction facilement instrumentalisables : l’argument fallacieux consistant à accuser un individu ou un groupe de « faire le jeu de Le Pen ». Méthode de diabolisation, tant il est vrai que l’accusation peut être traduite par « faire le jeu du diable ». Les classiques associations par contiguïté ou par ressemblance (« Vous parlez comme Le Pen », « Vos idées ressemblent à celles de le Pen ») permettent de disqualifier un adversaire politique quelconque. La « lepénisation » de l’adversaire est devenue en France un instrument de guerre idéologico-politique, dont la première conséquence est d’empoisonner de soupçons et d’auto-censure le débat public. « Lepéniser » quelqu’un, dans l’espace public, est une manière de le traiter de « raciste », donc de l’exclure du cercle des personnes respectables et des interlocuteurs possibles. Toute cette machine à délégitimer revient à tirer toutes les conséquences d’une simple définition qui, par la répétition, a pris une valeur d’évidence : un « lepéniste » ou un « raciste », c’est un individu abject qui pratique le « refus de l’autre ». En adhérant au credo immigrationniste, on n’a plus à s’interroger sur la question de savoir pourquoi il faut accepter « l’autre », et plus précisément n’importe quel « autre ».

Ce culte contemporain de « l’autre » (ou de « l’Autre ») ou de « l’étranger » représente une espèce de religion civile internationale qui semble aller de soi. Cet « autrisme » devrait au contraire nous étonner : pourquoi une telle préférence pour l’altérité, dans toutes ses figures ? Pourquoi cet amour obligatoire de « l’Autre », sous peine d’être jugé « abject » ? Pourquoi la xénophilie serait-elle une attitude morale, si elle n’est que l’avers d’une profonde haine de soi ? La « nostrophobie », c’est-à-dire le sociocentrisme négatif postulant que « les autres » sont meilleurs que « nous » ou supérieurs à « nous » (6), n’a rien à envier à l’ethnocentrisme (ou sociocentrisme positif : « nous » sommes les plus humains d’entre les humains), ni même à la xénophobie. La « belle âme » du siècle qui s’ouvre, en terres européennes tout au moins, déclare publiquement son amour de « l’Autre », et les nouveaux dévots locaux chantent les vertus d’une immigration qui va sauver le pays de la « fermeture », de la « crispation », du « repli sur soi ». Comme si l’on croyait, une fois de plus, que la « jeunesse du monde », du monde extra-occidental, allait régénérer la « vieille Europe ». Sous l’immigrationnisme, qui en forme l’un des indices, perce le mythe de la régénération par le « sang neuf » des « autres », par la venue providentielle de nouveaux et gentils « Barbares » qui ne veulent que notre bien.

Il reste une solution prônée par ceux qui se veulent réalistes en acceptant une réglementation des flux migratoires et récusent le pillage des élites des « pays en voie de développement » : le « co-développement ». L’idéal est certes séduisant, mais il ne pourrait se réaliser que dans un autre monde que le nôtre. Ce n’est là qu’une fausse sortie de l’impolitique angélique : les politiques de « co-développement » ne peuvent que reconduire sous un autre nom les politiques d’aide au développement, dont les effets pervers, sans parler des détournements de fonds, sont désormais bien connus. Comment mettre en œuvre ces politiques de « co-développement » alors que la plupart des pays d’origine des migrants, en particulier en Afrique, sont sous l’emprise de dictatures sanguinaires et ravagés autant par la criminalité que par les épidémies ? La corruption des États, a fortiori leur criminalisation, rend impossible toute politique de coopération. Or, le « co-développement », pour fonctionner, suppose la confiance et le respect des règles. C’est pourquoi il n’est qu’une nouvelle utopie, qui peut servir d’alibi à l’inaction volontaire.

L’angélisme immigrationniste fait couple avec la xénophobie anti-immigrés. Il enferme les acteurs politiques dans la geôle du manichéisme cher aux « terribles simplificateurs ». Comme s’il fallait choisir entre le parti du « tout-immigration » et celui de l’« immigration-zéro ». Ou entre les « bons sentiments » qui rendent aveugle au réel et les préjugés haineux (du type « immigrés = délinquants ») qui empêchent de formuler raisonnablement les problèmes de société et interdisent de les résoudre. Fausse alternative. En posant comme un axiome que « l’immigration » est un phénomène à la fois inéluctable et positif, ce que seuls des « racistes », en dernière analyse, pourraient mettre en doute, les nouveaux Tartuffe ne font guère qu’exercer et renforcer leur pouvoir symbolique. Sans considération pour l’avenir de leur nation. Voilà qui devrait suffire à faire prendre conscience aux Républicains de deux rives qu’il ne faut abandonner la « politique de l’immigration » ni aux fanatiques de l’ouverture sans règles, ni aux paranoïaques de l’immigration-invasion, qui trouvent dans l’angélisme des premiers un alibi commode pour justifier leurs fantasmes xénophobes. Quoi qu’il en soit, le grand chantage des bien-pensants interdit de poser correctement les problèmes liés à « l’immigration » et pousse à la fuite dans l’utopisme aux mains pures. Ce chantage aux visages multiples est l’expression d’une désertion et d’une démission : insouciance quant à la vie quotidienne des citoyens actuels, irresponsabilité à l’égard du devenir de la communauté nationale. Il est aussi l’indice, particulièrement en France, d’une forme émergente de mésestime de soi, voire de mépris de soi, lequel peut se radicaliser en haine de soi. Nombre de Français ne s’aiment plus et n’aiment plus leur pays, qu’ils prennent plaisir à réduire à un passé criminel et à un présent décadentiel. D’une façon générale, ce chantage de la bien-pensance a pour principal effet de transformer la politique en une impolitique, et, ce faisant, de désarmer les nations démocratiques face aux nouvelles menaces.

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1) Voir Michèle Tribalat, « De quoi parle-t-on ? », La Lettre de la Fondation pour l’innovation politique, n° 20, p. 10.
2) Voir Michèle Tribalat, « Une estimation des populations d’origine étrangère en France en 1999 », Population, 59 (1), 2004, pp. 51-82 ; Id., « De quoi parle-t-on ? », art. cit., pp. 10-11.
3) Voir Jean-Christophe Dumont, « La France a les ressources internes pour répondre à ses besoins de main d’œuvre » (propos recueillis par Caroline Mignon), La Tribune, 10 mai 2006.
4) Voir mon livre Les Fins de l’antiracisme, Paris, Michalon, 1995, pp. 329-356 (chap. X : « “Race” : un mot de trop ? »).
5) Voir Jeanne-Hélène Kaltenbach, Michèle Tribalat, La République et l’islam. Entre crainte et aveuglement, Paris, Gallimard, 2002 ; Yves Charles Zarka (avec la collaboration de Sylvie Taussig et de Cynthia Fleury) (dir.), L’Islam en France, Paris, PUF, 2004 (revue Cités, hors-série) ; Christophe Deloire, Christophe Dubois, Les Islamistes sont déjà là. Enquête sur une guerre secrète, Paris, Albin Michel, 2004.
6) Sur les deux formes de sociocentrisme, voir Raymond Boudon, L’Idéologie ou l’origine des idées reçues, Paris, Fayard, 1986, pp. 286-287 ; Pierre-André Taguieff, op. cit., pp. 31-32

Tuesday, July 26, 2011

David Duchovny teint en blonde, ç'aurait dû vous sembler suspect…





On voit fleurir sur le net et dans les médias la belle idée de l'influence néfaste de tous les partis populistes ou blogs qui fleurent avec l'extrême droite sur ce pauvre et fragile tueur norvégien. Acculé par des vagues d'informations effrayantes sur l'avenir obscur qui attendait la Norvège, son doux pays adoré et pacifique, ouvert sans problèmes apparents au "vivre-ensemble", Breivik aurait pété un câble à un moment donné et aurait pris les armes tout seul pour sauver son monde, l'Occident. Cette influence mauvaise pourrait évidemment, dixit la presse aujourd'hui, se reproduire sur des milliers d'âmes innocentes et pacifistes dont les norvégiens (pourtant descendants de vikings plutôt barbares mais bon) sont les plus honnêtes représentants.
Breivik aurait sacrifié une bonne vie (il était beau, pas spécialement dans le besoin, intelligent etc...) et se serait précipité dans le massacre poussé en cela par les thèses anti immigrationnistes, anti islamiques, racistes évidemment qui ressurgissent -sans que l'on sache trop pourquoi, n'est-ce pas, "tout va bien" pourtant!!- partout en Europe. Même les religions, du moins les Chrétiens, des chrétiens nauséabonds, des "fondamentalistes" (??), auraient attisé la haine et la folie de pauvres doux-dingues, de brebis à l'âme fragile égarées dans un monde de brutes...

Le décor est planté, comme à son habitude, le tueur devient une victime, rien de nouveau sous le soleil de notre époque de merde qui aide à la prolifération de ce que l'on appelle banalement en jargon policier un tueur en série.

Il en a en effet toutes les caractéristiques : l'apparence, tout d'abord, de normalité, il est parfaitement intégré dans la société, indécelable a priori par ses amis ou relations. Personne n'aurait pu je pense se douter des obscurs desseins qu'il fomentait. Une forme de solitude cependant qui aide à la dissimulation. Pas la solitude du pauvre gars seul blanc dans sa cité aux dix mille cultures mais une solitude volontaire, qui fait partie inhérente de ce type de personnage à l'intelligence aiguë mais à la sensibilité d'un enfant de trois mois.
Cette forme d'inhumanité, ce manque de sensibilité, d'émotion, de sentiments est une caractéristique typique que l'on retrouve chez tous les plus grands tueurs en série de l'histoire.
Ce tueur en série comporte d'autres éléments typiques de son espèce : le fait qu'il pose devant les médias et les caméras, (cf. ses poses photographiques) le fait qu'il s'épanche dans une logorrhée de 1500 pages pour se raconter lui-même. Son narcissisme est révélateur, il a même demandé lors de sa première audition pourquoi les portes de la salle étaient fermées! Il aurait voulu que beaucoup l'entendent et le voient... L'égo surdimensionné du monstre qui veut rentrer dans l'histoire, être reconnu.
En bref, cette extinction des sentiments, de l'émotion, cette inhumanité que l'on perçoit chez lui, cette froideur glaciale, un "homme- machine" est à mon sens très révélatrice de ce que tout humanité a déserté de lui. Il ne s'en est pas pris pas comme un soldat, un vrai, à un adversaire à sa mesure, il s'en est pris à des femmes et des enfants... Il ne s'est même pas tué in fine comme un terroriste pourrait l'envisager pour sa cause justement.Le comble de l'ignominie et de la lâcheté. Il n'est même pas un terroriste. Il n'est qu'un banal tueur en série.

La cause, pour ce personnage, "l'Occident à sauver" et c'est cela qu'il faut absolument comprendre, n'est pas du tout une finalité en elle-même. Elle n'est qu'un moyen. Il aurait aussi bien pu être salaffiste dans les pays arabes, nazi à l'époque de la Guerre, criminel de guerre dans les Balkans ou en Chine; on retrouve ce genre de monstre à toutes les époques, dans toutes les conflits, dès qu'il y a un terreau suffisamment humecté pour se développer. C'est de cela dont il faut avoir conscience, point n'était besoin pour Breivik d'être d'extrême droite, il se trouve qu'en ce moment ces partis ont le vent en poupe à cause de l'irresponsabilité flagrante de nos pays à ouvrir en grand les portes au monde entier sans tenir compte de l'impossibilité pour nos concitoyens à avaler ce repas gargantuesque qu'on leur sert sous prétexte de "bonne soupe".
La cause n'était qu'un leurre, qu'une excuse, et surtout dans son esprit, que l'alimentation de sa logique de folie."un fou est quelqu'un qui a tout perdu, sauf la raison." dixit Chesterton et ce tueur possède à l'évidence un excellent cerveau, certainement un bon QI et il a pu alimenter sa raison de milliers de lectures, de faits, d'articles, de réflexions pendant des années pour développer une réalité toute bête : sa volonté perverse de tuer.

"Il a sacrifié sa vie, une belle vie qu'il aurait pu avoir"a t-on pu penser naïvement, pour cette cause qu'on lui aurait criminellement servi sur un plateau grâce à internet et grâce à toutes ses poisons extrémistes qu'il aurait ingurgité "à l'insu de son plein gré". Mieux que cela, nous dit-on, il a été sacrifié par ces criminels populistes qui distillent la haine et la crainte!

Cet homme n'a rien sacrifié, au contraire! Il a refusé de bonnes, et humaines, et légitimes passions (l'amour, la liberté, les richesses...), il a refusé d'être un homme de bien, de servir son pays honnêtement, ceci pour assouvir les passions les plus obscures de l'âme humaine : la domination, le contrôle sur des plus faibles que lui, le pouvoir absolu de vie et de mort sur d'autres humains. Cet homme n'a pas été un martyr mais un monstre, tout simplement. S'enfoncer dans ce qu'il y a de plus glauque dans l'âme humaine, et bien ça rend fou effectivement. Il a fait ceci au nom d'un christianisme dévoyé ce qui rend l'inversion dans le mensonge totale et définitive.

L'époque veut que ce genre de personnage puisse développer ses pires instincts, qu'ils puissent tout simplement les assouvir sans qu'aucune barrière, aucun frein ne les arrêtent. Ils sont excusés, légitimés, admirés -à quand le film sur lui? A quand un mariage avec une de ses avocates ou visiteuses en prison? -, ils sont impunis : il est prévu qu'il passe en gros une vingtaine d'année en prison, ce qui n'est RIEN pour la centaine de meurtres commis. Il aura tout juste le temps d'écrire un livre, de se faire un peu d'argent avec, de passer quelques diplômes dans d'excellentes conditions et de préparer ses prochains meurtres.

(Reponse a http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/07/25/polemiques-francaises-sur-les-causes-de-l-attentat-en-norvege_1552678_823448.html
volé à "La joie du jour" )

Tuesday, July 19, 2011

Mais qu'est-ce que les Norvégiens en ont à foutre, du 14 juillet ?

Eva Joly, Libération, 6 juin 2000.
« Je ne me sens pas du sérail. Et j’ai l’excuse de ne pas être française. Je viens d’un pays où on ne pense pas comme ici. Être étrangère, ça me sert maintenant, après avoir coûté beaucoup d’efforts pour m’intégrer. »


Wednesday, July 13, 2011

Archischmock: Bis repetita placent

Archischmock: Bis repetita placent: "Monsieur le juge, votre honneur, ta majesté, mec, déconne pas: de ce côté, Ze 'patron' of Ze F.M.I, comme disent les frenchies, de l'autre ..."

Tuesday, July 12, 2011

Eruction du soir




La plupart de médias occidentaux, à la solde de notre affreux président, ne cessent de nous cacher les informations qui pourraient nous faire enfin réaliser à quel point le monde occidental est égoïste (contrairement aux autres peuples, en plus)
C’est ainsi que si tout a été dit ou presque sur les causes prétendues du fameux printemps arabe, la principale raison n’a pas été évoquée, et ce sur aucun média je peux vous l’assurer.
Toujours à l’affut des informations secrètes permettant une meilleure compréhension d’une actualité parfois un peu confuse, je vous livre aujourd'hui ce qui est pour le moment un secret bien gardé mais ne manquera pas j’en suis certain de faire bientôt un véritable Buzz sur internet si aucun membre de la CIA ou du Mossad ne m’exécute avant même la parution de ce billet, bien entendu.

Les peuples arabes se révoltent, on le sait, mais connait-on véritablement leur revendication principale ?
Grace à mes envoyés spéciaux j’ai pu recueillir des témoignages, à priori surprenants, mais à la lecture desquelles, vous serez nombreux je présume à réagir en vous exclamant : " bon sang c'est trop injuste ! "

En voici quelques extraits :

Ecoutons Farid au Caire : il est désespéré par l’avenir pour son pays :
" Ici, 95% des gens sont Egyptiens, et De Souche, vous vous rendez compte " !
"Quand on voit qu'en Egypte : 93 % des gens sont musulmans sunnites ! C 'est moche quand même !"
"Tout ce qu’on a comme diversité c 'est un peu de coptes , deux ou trois protestants et un juif qui est resté parce qu'il a raté son avion".

Un discours bien attristé, repris presque à l’identique à Tunis par Djamel :
"Ici, 98 % des gens sont arabes ou en tout cas se considèrent comme tels... et, tous musulmans qui plus est"
"Quand on pense qu'en 1956 on avait 7% de représentants des autres religions... ils sont tous partis en nous plantant là, c’est pas très sympa de leur part"

Et oui, c’est bien leur problème : les pays d'où est partie la contestation arabe n’ont AUCUNE diversité, ils ne sont pas enrichis des apports des autres cultures, ils n’ont pas de société multiculturelle, riche de mélange et de métissage.

Quel avenir pour ces pauvres êtres quasi identiques, condamnés à se reproduire entre bruns plus ou moins bronzés et à musulmer de père en fils, sans jamais qu'une armée d’immigration massive de blonds ne vienne installer des quartiers germanophones pour égayer leurs cités, sans norvégiens pour demander la main de leurs filles, ni polonais qui agrémenteraient leurs paysages de quelques jolies églises.
Ils sont abandonnés à leur triste sort monoculturel...,et, comme le disait de sa voix caverneuse le grand Imam Al nelkon "comment céti qu ' vous voulez qu'on arrive à quoi ?"

Mais c’est un grand vent de révolte qui souffle soudain dans tous ces pays.
La population n’en peut plus et réclame enfin elle aussi son "droit-à-la-diversité", par simple esprit de survie, par reflexe.
La survie n’est possible que grâce à la diversité, c’est un FAIT (nous dit-on) Et visiblement alors que de nombreux pays ne disposent pas de réserve naturelle du précieux ingrédient,
L’occident en veut le monopole et est le seul à exploiter les mines de "l'ouverture à l 'Autre " pour profiter de ses pépites.
Laisserons-nous égoïstement tous ces pays mourir d'une carence de multiculturalisme devant nos yeux repus ?


Mais heureusement je crois que nous pouvons les aider : la diversité ce n'est pas seulement toutes les couleurs du monde (euh, en fait non, pas la blanche ni la jaune, allez savoir pourquoi), ce sont aussi les gays, les femmes, bref toutes les "minorités opprimées" par le mâle blanc occidental.Je crois donc qu'il est du devoir de nos ami(e)s de la LGTB, des chiennes de garde, du MLF et que sais-je encore de s'exiler volontairement de l'autre côté de la Méditerranée pour enfin déverser la pluie fertile de la diversité sur l'aride terre musulmane qui ne demande que ça.En tant qu'éminent représentant de la diversité et Tunisien lui-même il me semble d'ailleurs que Bertrand Delanoë devrait commencer par montrer l'exemple.Soutenez leurs revendications ! Le droit à la diversité pour tous !

Saturday, July 09, 2011

le printemps des autruches

Jacques Julliard à propos du Siècle :

« Il s’est constitué une superclasse dirigeante qui défend avec âpreté ses intérêts propres, transcendant par rapport aux péripéties de la démocratie électorale. C’est d’elle que je disais ici même, il y a quinze jours, qu’elle fait régner une connivence de tous les instants entre la banque, les affaires, l’administration, le barreau, la politique, le journalisme, parfois les arts, l’université, l’édition…Si vous ne me croyez pas, allez faire un tour, à condition que l’on vous laisse entrer, à l’Automobile club de France, un soir où le Siècle, le club de cette superclasse dirigeante, se réunit pour dîner. A défaut, vous verrez au moins les chauffeurs de ces limousines noires qui attendent patiemment la sortie de leurs maîtres. A l’intérieur, des hommes en costumes gris et quelques femmes en tailleurs sobres échangent des opinions, des adresses, des tuyaux, des services, parfois des fonctions, des positions sociales, voire des amants ou des maîtresses. Dans ce milieu fermé fermente l’idéologie de la classe dominante : modernisme discret, bien-pensance sociale et culturelle, conformisme économique, respect absolu de la puissance et de l’argent. La pensée unique est là et bien là. Il existe derrière les apparences successives des combinaisons ministérielles, un gouvernement de facto, un gouvernement invisible des élites financières et institutionnelles qui, à défaut de dicter sa loi, fournit la pensée et inspire l’action des élites dirigeantes françaises. »

si même les cathos de gauche sortent la tête du sable, l'espoir est permis!

(source : Faits et Documents 1-15/07/2011, lire aussi cet interview trés éclairant dEmmanuel Ratier à propos du même siècle)

« La gauche a abandonné ces quartiers ; elle a abandonné les classes populaires, sa jeunesse. C’est donc l’abandon de notre culture, de notre identité de nos racines de nos valeurs fondamentales. La gauche a épousé les thèses du grand patronat avec ce discours irresponsable où il faudrait régulariser tous les sans-papiers, elle prône l’immigration comme le demandent Laurence Parisot et Christine Lagarde pour une main d’œuvre à bon marché. Non, l’immigration n’est pas une chance pour la France. C’est un mensonge entretenu depuis 30 ans. Oui c’est une chance pour le capitalisme financier, pour diviser, pour exploiter, pour généraliser l’insécurité sociale, exclure, ghettoïser des millions de familles et de jeunes français de la vie sociale et politique. »

André Gérin, candidat communiste à la présidentielle 2012…

et que dire des cocos repentis? la botte souveraine de la réalité?

Thursday, June 30, 2011

Eructation matinale-2



Christine Lagarde a déclaré que sa nomination à la tête du FMI serait une victoire pour les femmes. J’en déduis donc, vu l’autre candidat, que c’est une défaite pour les gros.

Il est honteux de discriminer les gros…
Discriminer c’est mal...

Tuesday, June 28, 2011

Eructations du matin.





racisme [ʀasism] nom masculin.
étym. 1902; de race

Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres.


Cela fait longtemps que je me dis que parler de racisme alors que les races ne sont pas censées exister est un bel exemple de la schizophrénie postmoderne.
Un sujet absolument passionnant car il ouvre des perspectives de méditation troublantes, notamment cette double contradiction:
D’une part les généticiens s’accordent aujourd’hui à dire que la notion de race n’a pas de sens avec l’espèce humaine mais la Justice affirme avec logique que c’est parce qu’il y a des races que le racisme existe.
Or si elle se met en concordance avec la science cette loi tombe dans la caducité et si elle condamne quelqu’un qui affirme qu’une autre personne est de race différente, sans insulte, elle préssupose à la fois que les races existent et qu’on n’a pas le droit de le dire.
Or cette loi n’existe pas.
On pourrait continuer à l’infini…

Il n’y a pas si longtemps (quelques heures en fait), j’évoquai le « repli identitaire » : vouloir se faire peuple au sein d’un peuple, nation au sein d’une nation et ce à rebours des principes et de la culture du pays qui vous accueil.
Et demandai pourquoi le fait de refuser l’autre, revendiquer ces racines et différences est accepté, compris voir encouragé pour certains de nos concitoyens, mais interdit et sévèrement réprimé pour d’autres(c est « raciste »).

Réponse cinglante :
« Ce n’est pas comparable, t’es propos sont racistes ! »

Je ne m’étendrais point sur le discours anti-colonisation qui suivi, derrière lequel se cache a mon sens, une bonne dose de racisme…justement (*1)

Ce matin, j'atais plutot d'humeur a m’en prendre a la brigade cynophile qui aboie au « racisme » surtout et exclusivement à l’endroit des mêmes.
Droitdel’hommistes mondains (*2) et vengeurs à la quérulence inversement proportionnelle aux incartades bien réels que certains font à la République.

Continuer donc à aboyer et à détourner la tête chaque fois que la faits contredisent vos belles idées.
Continuer de vous sustenter des « Le monde » « nouvel obs » « Canal + »… la coprophagie est courante chez les canidés.
Si a court d’arguments, balancez « raciste », même si c’est hors contexte, et prenez l’air offusqué, ça plaira toujours au troupeau !
Le « racisme », c’est aussi la clôture rassurante pour l’herbivore limité…

Mais bon, a la place, je dirai que nous "devisâmes civilement de multiculturalisme"....

Il vaut parfois mieux être intelligent qu’avoir raison (proverbe juif, c’était l’occasion).

(*1)C’est même un vieux reste d’esprit colonial, que cette manière chaleureuse de prendre l’esclave sur ses genoux lui caressant la tête comme s’il était un enfant.
(*2) à la manière de la fameuse Zazie qui va visiter les Tribus perdus qui vont bientôt disparaître, ce caméra au poing.« Oh regardez, le bon sauvage ; et nous qui venons de la vilaine civilisation exploitatrice, et qui n’en sommes malheureusement plus à la loi du clan et aux chèferies… »

Thursday, June 23, 2011

Mesdames et Messieurs: "L'Éduc' Nat' "

Lucien de Lacvivier, en plus d'être doté d'un nom fort élégant, est un jeune homme qui a de la mémoire. Il se souvient très bien notamment des années qu'il a passées au sein de la fabrique de crétins qu'on appelle encore Éducation nationale, on se demande bien pourquoi.


Hier, il s'est amusé à évoquer ici quelques-uns de ses souvenirs les plus drôles (ou les plus déprimants : tout dépend de votre humeur générale du jour…).


J'en extrais une poignée pour vous mettre en appétit pédagogique :

Première L. Jour de rentrée des classes. Ma prof de français et de littérature, également prof principale, affirme sans sourciller que Descartes est un philosophe des Lumières.


Troisième. Rédaction - pardon : épreuve d'expression écrite - dont le thème est la Grande Guerre. J'insère dans le texte - traitez-moi de tricheur, je le mérite - un assez large extrait de La Comédie de Charleroi de Drieu, que je connais à l'époque par coeur. Le texte de Drieu, à la correction, se trouve être beaucoup plus raturé que le mien. Il y a des "mal dit" par paquets dans la marge.


Cinquième. Ma prof de sport - d'EPS, comme on dit - fait courir un sprint à tout le monde. Elle note les places et les temps de chacun, puis refait courir le même sprint avec des handicaps pour les meilleurs. Elle note en fonction des résultats du second sprint. (Cette pratique est généralisée : on l'appelle VMA, si j'ai bien compris le nom du monstre.) J'étais second de ma classe, je finis dix ou onzième.


Sixième. Ma prof de maths pointe Nesrine du doigt - une cancre ayant redoublé deux fois; puis moi; puis elle affirme : "Si Nesrine travaillait plus, je suis sûre qu'elle serait meilleure que Lacvivier. Personne n'est plus intelligent que les autres." A l'époque, je suis bon en maths. De tels encouragements me font chaud au coeur, et m'encouragent à persévérer dans cette voie.-


Première L. Ma prof de français demande aux élèves de donner le nom des grands écrivains du XXème. Je propose Giono; elle me répond textuellement, en une formule qui plaira fort, sans doute, au Maître des lieux : La campagne, c'est chiant.


CM2. Mon instituteur, qui organise une chorale par semaine pour l’école entière, à un élève qui bavarde tandis qu’il accorde sa guitare : « Toi, pauvre con, tu vas bouger ton gros tas. » L’élève est un peu gros et il rougit devant tout le monde. Notons que l’homme est un humaniste et qu’il n’a trouvé, dans le vaste répertoire français, que Lili de Pierre Perret et Cent ans dans la peau d’un esclave de Francis Cabrel à nous faire apprendre.


Dans un manuel d’éducation civique, pour l’école primaire, un exercice : Montrez que Jean-Marie Le Pen est hostile à la démocratie.


Troisième. Ma prof d’Histoire, pour le dernier trimestre, ne donne que des notes collectives, et elle tient absolument à ce que les groupes soient hétéroclites. Ainsi Cindy qui a 2 de moyenne générale pourra faire remonter la note de Pierre qui a 18,5. Vous comprenez le principe ?


Autre Procuste, mon prof d'Histoire de quatrième : lui ne note qu'entre 9 et 13. Ainsi, il suffit de gribouiller deux ou trois lignes incohérentes pour se voir attribuer à peu près la même note que le meilleur de la classe.


Première L. Celle qui trouve que la campagne bah c’est vachement chiant et que Descartes eh ben c'est l'pote à Rousseau nous déconseille de lire Lewis Carroll, qui n’est somme toute « qu’un pédophile ».


L'Education Nationale constitue l'exemple type de ce que produit leservice public. Une usine à gaz extrèmement coûteuse et inefficace pour ne pas dire contre-productive.


L'enseignant qui n'est pas abruti lors de son entrée dans la machine finit toujours par le devenir par la fréquentation des collègues et l'application des consignes de la hiérarchie.


Il ne faut donc pas s'étonner que les français soient, non seulement de plus en plus ignares et incultes mais encore, il faut bien le dire,de plus en plus cons.

Sunday, June 19, 2011

Peut on tolerer l'intolerance?



Il fallait s’y attendre, le dernier rapport sur les sectes a oublié la principale d’entre elles.


L’antiracisme prétend vivre dans un monde qui n’existe pas. Il est facile pour lui, dans sa position dominante, de détruire la réalité. Mais de notre côté, comment pourrions-nous détruire ce qui n’existe pas ? Peut-être en s’attachant à mettre en évidence cette inexistence.


La première règle de l’antiracisme est d’empêcher systématiquement le spectateur d’être confronté à des points de vue autres que des « duels » Apathie-Duhamel ou Plenel-Fourest, à de réelles opinions, et bien entendu à de sérieux arguments scientifiques et contradictoires. Il ne faut que du sens unique.


Voici un exemple type.


Se demande-t-on si, compte tenu de leur couleur de peau, les Asiatiques sont eux aussi refusés partout ? Si cela n’est pas le cas, concluerait-on qu’il existe un racisme sélectif ? Sur quels critères ? Autant de questions que vous n’entendrez jamais.


Vous comprenez, l’antiracisme est tellement sûr de sa force qu’il interdit tout débat. Seules ses méthodes sont autorisées (on ne s’étonnera pas au passage de constater que l’antiracisme vit de tout ce qu’il dénonce) :



L’étiquetage (l’antiraciste appellerait ça l’amalgame). Par exemple, si vous parlez de la purée de carottes entre les termes « nauséabond », « racisme », « haine », « xénophobie », « intolérance », « heures les plus sombres », vous verrez que plus un seul esprit sensé ne songerait à défendre la purée de carottes.


L’association (l’antiraciste appellerait ça la généralisation). « Hitler aussi a été élu démocratiquement ». Même si elle est fausse, l’imbécile répètera à l’envi cette analogie qui n’a aucun sens (Chirac a lui bien été élu démocratiquement, et c’est autrement plus effrayant). D’une manière générale, il s’agit de comparer chaque geste de son adversaire à un passé nazi. Parce qu’on sait où ça mène. Les heures les plus sombres, tout ça. Bref, on promet l’enfer aux mécréants, la technique n’est pas inédite…


Les idées reçues (l’antiraciste appellerait ça des préjugés). L’affirmation et la répétition de slogans ineptes : « l’immigration est une richesse », « l’immigré est une chance », « l’immigration paye nos retraites », « l’immigration est indispensable à l’avenir de l’Europe », « la mondialisation est obligatoire », etc.



Pire, le faux argument historique. L’affirmation proférée avec tout l’aplomb du gros con, du genre : « C’est avec la diversité que les États-Unis ont triomphé aux JO pendant la guerre » ou « Socialement à gauche, économiquement à droite, nationalement de France, c’est aussi à peu près ce qu’avait dit Hitler en 1932″. Alors que les JO n’ont pas eu lieu pendant la guerre, que les Allemands y ont écrasé tout le monde, et qu’Hitler n’a jamais prononcé cette phrase présentée comme une vérité par les médias pour « faire barrage à Le Pen en 2002″…


Dans un monde où plus personne ne sait rien, ces arguments fonctionnent. Les imbéciles s’empressent de les répéter pour avoir à leur tour une petite seconde d’attention de la part de leurs imbéciles de contemporains. Pour ceux qui croient, les faits n’ont aucune importance.


L’indignation théâtrale (elle est la chasse gardée de l’antiraciste). Il n’y a qu’à la télé qu’on se dit choqué ou qu’on parle de scandale. La liberté d’expression doit s’arrêter aux limites de l’offense. Or, l’antiracisme décide des limites de son offense. Non seulement votre liberté s’arrête là où commence son offense, mais le problème, c’est que son offense ne s’arrête plus nulle part.


En général, l’antiraciste convoque la masse : « Les gens seront énormément choqués d’entendre ça ». « Comme tout le monde, je suis profondément choqué par vos propos ». « Les Français ne veulent pas de vos idées moisies « . « Dire ceci, c’est offenser des millions de gens ». C’est efficace, on s’adresse bien à des gens terrorisés à l’idée de ne plus bêler avec leur troupeau. À force de répéter aux gens qu’ils doivent être choqués quand on le leur demande pour être normaux (alors que le progressiste passe son temps à combattre la normalité, bien entendu), ils finissent par le croire. Et même par acheter le bouquin de Stéphane Hessel.


La moquerie (l’antiraciste appellerait ça la stigmatisation). La rhétorique la plus efficace consiste à ridiculiser son éventuel adversaire. « C’est risible », « ce sont des hommes préhistoriques », « c’est un retour au Moyen-Âge », etc... Personne n’a moins d’humour qu’un antiraciste.


L’esprit de caste (l’antiraciste appellerait ça l’exclusion et le repli sur soi). Il s’agit de désigner les bons et les méchants (sans quoi les bons n’existeraient plus), et il s’agit de ne pas laisser le choix aux gens… « Nous sommes tous dans la caste. Si vous dérapez, vous n’êtes plus des nôtres… » Ils n’ont aucune tolérance envers ceux qui ne pensent pas la même chose qu’eux, mais ils sont très tolérants. Pourquoi ? Sans doute parce qu’ils l’affirment. Leur absurde réalité ne repose que sur leurs affirmations.


L’exagération (l’antiraciste appellerait ça le raccourci simpliste). « La montée du racisme est la cause de tous les mouvements populistes xénophobes d’Europe »… « L’audience de Marine Le Pen fait craindre des violences racistes », « C’est le climat des années 30″… etc.


Le charabia. Ça ne veut rien dire et ça les arrange. Par exemple, on parle souvent de « racisme ordinaire » (le racisme extraordinaire est-il plus sympathique ?).


La sanction matérielle. Pas facile de s’en tirer sans argent. Si vous voulez dire ce que vous pensez, il faudra le payer cher, et vous attendre à perdre votre travail en prime. SOS racisme, entre les subventions et les condamnations de complaisance, se porte bien. L’officine va prochainement percevoir 25 000 euros pour « discriminations » imputées à Adecco Belgique. Décidément, le cours de la liberté n’a jamais été aussi élevé.


« Faut pas juger », mais l’antiraciste se portera partie civile quand vous ne penserez plus comme eux. « Faut pas diviser les citoyens », mais vous êtes quand même de beaux salauds, et l’antiraciste se fera un plaisir de faire publier vos noms par la presse quand vous etes condamnés.


À l’encontre de tous ses prêches, l’antiraciste ne cherchera jamais aucune circonstance atténuante au « raciste blanc ». Ni l’exclusion, ni la pauvreté, ni l’environnement… Lui qui prône la compréhension de l’autre ne cherchera jamais à comprendre le « raciste ».


Pourquoi ? Parce qu’il a peur de ce qu’il trouvera. Lui qui est si fort pour « prévenir, accompagner et encadrer », lui qui prétend que la répression n’est pas une solution, fera uniquement dans la répression face au raciste, encore une fois contre tous ses beaux principes.


Il y a même la traque anachronique (l’antiraciste dirait que l’on est bloqué dans notre passé). Puisqu’on ne trouve pas suffisamment d’ennemis dans le présent, il s’agit d’aller les chercher dans l’histoire et d’y effacer ce qui ne nous plait pas, de faire table rase d’un passé bien trop réel. Ainsi, on critique les méthodes de Cuvier… Il se trouve de plus en plus de « vigilants » pour exiger que l’histoire républicaine ne soit plus que politiquement correcte. La rose sans les épines.


Dans le journal de Montreuil, on apprend ainsi que Pierre de Coubertin était un « raciste et un sexiste absolu », donc que comme « toute apologie du racisme doit être proscrite », il faut brûler Pierre de Coubertin, pardon, ne plus rien baptiser à son nom. Un certain Sylvain Gouz déplore qu’un complexe tennistique du Touquet puisse recevoir le nom du baron.


Ce qui est amusant, c’est que malgré tout ça, la question de donner le nom de Sylvain Gouz à quoi que ce soit ne se posera jamais, puisque personne ne se souviendra de ce sinistre nettoyeur. Peut-être que Sylvain Gouz devrait s’intéresser à son histoire et à notre réalité, pour découvrir à quel point son essence est xénophobe, pour découvrir à quel point plus rien n’existera lorsqu’il aura effacé toute l’immoralité de notre réalité. La conclusion logique et honorable est le suicide. Mais un suicide individuel.


Seulement voilas, les faits, on les lit et on l’entend de plus en plus : les faits sont fascistes.


L’antiracisme se noie dans ses paradoxes, qui, si l’esprit critique et la liberté d’opinion existaient encore, suffiraient à le discréditer définitivement.


De manière générale, la stupidité de l’ennemi se suffit à lui faire perdre toute crédibilité. Ses arguments sont tellement pitoyables qu’ils sont souvent bien plus efficaces que les nôtres. Il suffit de savoir les lire.


Pendant ce temps-là, les médias ressortent leurs éternels sujets pour détourner l’attention. On parle cannabis, on parle de « l’inéluctable mariage gay », ce qui est bien un signe que le progressisme se sait inéluctable, et qu’il ne cessera d’avancer et de détruire que lorsqu’il n’y aura plus rien à détruire.


Fondamentalement, le garnement progressisme n’a pas compris que les contraintes faisaient l’évolution. Lui croit qu’il faut les abolir pour évoluer. À l’image des artistes contemporains, le progressiste est incapable de sublimation et ne peut s’exprimer que par la destruction (ou transgression).


Alors, il faut détruire le racisme. Le racisme est interdit. D’ailleurs, les races n’existent pas, c’est pour ça qu’il faut les interdire par la loi et les détruire par le métissage.


Le préjugé le plus grave est de croire que l’homme n’est pas naturellement raciste. L’antiracisme, de par son pouvoir terroriste, est la chose la plus contre-nature qui soit. Il serait bon de mettre en œuvre de véritables tests pour le recenser plus précisément. Pas seulement en demandant aux gens s’ils pensent être racistes, évidemment, ce qui revient à leur demander s’ils pensent à tabasser leur femme de temps à autre…


Il ne s agit évidemment pas d’être raciste, mais de combattre l’antiracisme, ce n’est pas encore interdit. Il s’est octroyé avec l’appui du pouvoir le monopole de la généralisation, de la stigmatisation, de la discrimination, bref, l’antiraciste sait que les faits sont contre lui, donc il interdit l’intelligence. C’est sa seule solution. Pour libérer la réalité, il faut détruire l’antiracisme.


Peut-on avoir raison contre les faits ? (Sujet du bac de philo) L’antiraciste en est convaincu, contre les faits et contre toute raison.

Thursday, June 16, 2011

On ne me demandera pas mon avis, je le donne quand même !



Un article de chez Causeur (http://www.causeur.fr/deux-maries-ne-font-pas-deux-peres,10249), et cette phrase :

« On a bien sûr le droit d’être favorable au mariage gay. L’ennui, c’est qu’on ne puisse pas s’y opposer. »Mais on a encore le droit d’y réfléchir...

Déjà, le mariage « gay », ou redire quelqu’un, un groupe de personne ou une communauté a leur sexualité… hurler sa différence pour ne pas être stigmatise ?

Le mariage entre personne du même sexe donc…et la possibilité d’adoption qui suivra forcément (Vous verrez bien qu’elles seront les revendications des associations qui prétendent représenter les homos lors du débat bioéthique).
Regardons les revendications parfois agressives des associations homos de gauche, écoutons ce discours anti-politique ce libéralisme idéologique dominant depuis trente ans :
Le « c’est mon choix ».
Il s’agit bien de substituer à la cellule familiale la monade de l’individu, seulement voila, les choix individuels ont des répercussions collectives.
Nous assistons à une « déconstruction » du couple et de la famille et la dissociation radicale de la sexualité et de la procréation, Plus prosaïquement découpler (c’est le cas de le dire) sexualité et procréation, biologiquement, voir naturellement impossible aux couples de même sexe.
Il s’agira donc pour les « homos » à travers le mariage de faire reconnaître leur « droit à l’enfant », et avec lui un basculement vers la normalisation de la procréation artificielle…
En normalisant le recours aux fécondations artificielles, on normalisera le recours aux diagnostics pré implantatoires, et donc le risque d’avoir pour conséquence l’exacerbation des tendances eugénistes.
Est-ce que l’abandon sur le plan institutionnel et sociétal, du principe de la différence sexuelle pour la fabrication du vivant peut se faire sans dommage ?
La ou les homosexuelle doivent avoir les même « droits » que les hétéros, est-il normal, pardon, démocratique, qu’un des fondements majeurs de l’humanité, (sexualité et procréation) soit détruit pour accommoder les revendications une minorité ?
Nous entrons dans le « meilleur des mondes », c’est la boite de Pandore que l’on ouvre…
La question n'est donc pas pour ou contre le « mariage gay », question piège a laquelle il n'est pas politiquement correct de répondre par la négative, mais plutôt quelles conséquences sur notre société auront les revendications des couples de même sexe.

Sunday, June 12, 2011

Merci Sylvie.


Le Belge est très civilisé ;
Il est voleur, il est rusé ;
Il est parfois syphilisé ;
Il est donc très civilisé.
Il ne déchire pas sa proie
Avec ses ongles ; met sa joie
À montrer qu’il sait employer
À table fourchette et cuiller ;
Il néglige de s’essuyer,
Mais porte paletots, culottes,
Chapeau, chemise même et bottes ;
Fait de dégoûtantes ribottes ;
Dégueule aussi bien que l’Anglais ;
Met sur le trottoir des engrais ;
Rit du Ciel et croit au progrès
Tout comme un journaliste d’Outre-
Quiévrain ; — de plus, il peut foutre
Debout comme un singe avisé.

Il est donc très civilisé.

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Amœnitates Belgicæ"


Ils ne parlent de rien



"Au fond, je dois être ce qu’on m’accuse d’être. Je n’ai pas d’amis. C’est censé prouver que je suis anormale. Mais tous les gens que je connais passent leur temps à brailler, à danser comme des sauvages ou à se taper dessus. Vous avez remarqué à quel point les gens se font du mal aujourd’hui ?

- Mais vous parlez comme une vieille personne !
– Il y a des moments où j’ai l’impression d’être une antiquité. J’ai peur des enfants de mon âge. Ils s’entretuent. Est-ce que ça a toujours été comme ça ? Mon oncle dit que non. Rien que l’année dernière, six de mes camarades se sont fait descendre. Dix sont morts dans des accidents de voiture. J’ai peur d’eux et ils ne m’aiment pas parce que j’ai peur. Mon oncle dit que son grand-père se souvenait d’une époque où les enfants ne s’entre-tuaient pas. Mais c’était il y a longtemps, quand tout était différent. Ils croyaient à la responsabilité, d’après mon oncle. Voyez-vous, je me sens responsable. J’ai reçu des fessées quand je le méritais, autrefois. Et je fais les courses et le ménage toute seule.
« Mais surtout, j’aime observer les gens. Il m’arrive de passer toute une journée dans le métro à les regarder et à les écouter. J’ai simplement envie de comprendre qui ils sont, ce qu’ils veulent et où ils vont. Il m’arrive aussi d’aller dans les parcs d’attractions et de me risquer dans les jet cars quand ils font la course à la sortie de la ville à minuit ; du moment qu’ils sont assurés, la police ferme les yeux – du moment que tout le monde est super assuré, tout le monde est content. Des fois, je les écoute en douce dans le métro. Ou aux distributeurs de rafraîchissements. Et vous savez quoi ?
– Quoi ?
– Les gens ne parlent de rien.
– Allons donc, il faut bien qu’ils parlent de quelque chose !
– Non, non, de rien. Ils citent toute une ribambelle de voitures, de vêtements ou de piscines et disent : « Super! » Mais ils disent tous la même chose et personne n’est jamais d’un avis différent. Et la plupart du temps, dans les cafés, ils se font raconter les mêmes histoires drôles par les joke-boxes, ou regardent défiler les motifs colorés sur les murs musicaux, des motifs abstraits, de simples taches de couleurs. Et les musées, y êtes-vous jamais allé ? Rien que de l’abstrait. C’est tout ce qu’il y a aujourd’hui. Mon oncle dit que c’était différent autrefois. Jadis il y avait des tableaux qui exprimaient des choses ou même représentaient des gens."

Ray Bradbury, Fahrenheit 451